mercredi 27 avril 2016

Gaston y'a l'téléphon

La semaine dernière, j'ai appelé avec mon téléphone portable Jim, du garage où on a passé commande d'un scooter.
Jim a décroché, dit 'Hello', puis raccroché. J'ai rappelé Jim. Il a dit 'Hello... Hello?' puis a raccroché. Et la troisième fois, Jim a dit 'Hello!!!????' et a raccroché (je n'exagère pas avec les points d'exclamation, tout était dans le ton). Jim faisait-il la sourde oreille?

Pas très longtemps après, j'ai compris que j'étais devenue invisible et muette, argh! qu'il y avait un souci avec mon téléphone. Le soir, j'ai demandé à mon chéri de jeter un coup d’œil. Il a pris son téléphone d'un coté, mon téléphone de l'autre, et est redevenu un petit garçon super mignon a expérimenté de manière très scientifique en faisant 'Allo allo allo....' , les deux oreilles occupées pendant quelques minutes. Puis il a pris mes écouteurs (diantre, ils sont avec un fil plat, voir ici pourquoi c'est mieux!), les a branchés sur mon téléphone, et il a brusquement bondi de 50cm sursauté quand il s'est aperçu que sur les écouteurs il y avait un micro. Bon, en gros mon micro est fichu, mais le micro des écouteurs, lui, fonctionne bien (les tympans de mon chéri peut-être plus trop).

Tout irait bien dans le meilleur des mondes (mouais, ou presque) si je ne devais pas appeler en journée une bonne demi-douzaine de personnes pour fignoler notre déménagement et autres.
Je peux passer des appels depuis mon poste (on utilise Skype), mais parler des résultats d'analyses médicales me tente moyen en sachant que les bureaux sont en open space (tout ouverts, sans séparation si ce n'est que pour les grands chefs). J'ai aussi moyennement envie de parler d'assurance vie devant mes collègues. Car j'ai pas trop le choix: les compagnies d'assurance sont ouvertes exactement pendant mes horaires de bureau. Ça me fait penser au sketch sur la Poste de Dany Boon (voir à 6 minutes, mais la vidéo entière vaut le coup).

Donc mon chéri ce soir, pendant que je regardais les téléphones, juste comme ça, et plus particulièrement le Priv de Blackberry, m'a dit qu'il en avait commandé un pour moi et qu'il arriverait demain. Morale de l'histoire: j'ai un super chéri.

dimanche 10 avril 2016

Les 'joies' du ménage

Je n'aime pas faire le ménage. Ça me met de mauvaise humeur car c'est un peu du temps perdu pour moi.
Superbe portrait de Mélanie Molaire pas contente de Gaston, dessin de Franquin

Voir semaine après semaine la poussière et le calcaire plus persistants que moi dans la maison, ça m'épuise. Je suis tout le contraire de ma maman, qui repassait jusqu'aux sous-vêtements quand j'étais petite, mais elle était maman au foyer.
Je travaille à temps plein, et rien que faire la cuisine en rentrant, c'est parfois au dessus de mes forces, surtout avec notre mouchoir de poche! Du coup, avec mon mari, on mange souvent à l'extérieur. On a un budget restau absolument incroyable. Le pire, c'est qu'on nous reconnait dans nos restaus habituels. Ca risque de changer quand on aura déménagé, car Peterborough offre bien moins de restaurants que Cambridge.

Au début, j'ai lutté. J'ai demandé de l'aide à mon chéri, mais le weekend il décompresse sans culpabilité aucune alors que je me sens coupable quand je ne fais rien. Les tâches ménagères étaient mal équilibrées. Et je me transformais en ménagère super aigrie. La moindre tâche me mettait en colère, l'aspirateur lourd et bruyant alors que j'avais envie de calme, la salle de bain et la cuisine à nettoyer avec le coté vert des éponges alors que j'avais mal au dos, pfff! Je savais qu'il fallait que ça soit fait (personne n'aime vivre dans une porcherie mais beaucoup d'hommes ont un niveau de tolérance plus élevé que les femmes), mais je n'avais vraiment pas envie de le faire, et le faisais malgré tout parce que personne d'autre que moi allait s'en occuper.


Et puis j'ai voulu qu'on ait une aide ménagère. Parce que je trouvais injuste de me changer en monstre du ménage aigrie de la situation récurrente.
Depuis ça va mieux.

Au début, je me suis dit que j'étais une grosse feignasse un peu paresseuse. Et puis c'est passé. Je fais des heures supp' très souvent au taf et je ne veux pas me tuer à la tâche une deuxième fois quand je rentre à la maison. Car enfin, c'est toujours moi qui m'occupe de préparer la liste des choses à faire, et qui vais chercher les sous au distributeur automatique de billets pour que l'aide ménagère ait son argent et sache exactement ce qu'on veut qui soit fait. Et je m'occupe toujours des lessives et des courses, de changer toutes les semaines le linge de maison. Les torchons sales/mouillés ou les serviettes qui sentent à plein nez le chien mouillé, c'est pas mon truc. Et ça prend une grosse partie de mon weekend... donc la poussière et le calcaire, je ne m'en occupe plus!

Les tâches ménagères, c'est toujours pas équilibré au sein de la très grande majorité des couples... et pourtant on est au 21ème siècle!









mardi 29 mars 2016

Je suis Etsy addict... et je ne me soigne pas

- Je m'appelle Muscadine et je suis droguée à Etsy.
- Bonjour Muscadine!

Etsy, pour les néophytes, c'est un site internet international qui permet de voir ce qui est mis en vente (créations, objets vintage etc.) par des artistes ou des revendeurs. On peut y surfer au petit bonheur la chance ou bien cibler ses recherches (par exemple on peut choisir l'origine des articles - en entrant son propre pays ou son continent de résidence pour limiter les frais de poste (et de douane - c'est l'expérience qui parle!)). Parfois on contacte directement le vendeur pour demander un objet fait rien que pour soi. Afin de ne pas avoir à faire à des charlatans / voleurs / filous, on peut se fier aux commentaires écrits par les internautes qui ont acheté chez le marchand / l'artiste. En 7 ans d'achats (plutôt réguliers), je n'ai eu que deux petits soucis avec des vendeurs peu scrupuleux.

- Quand mon compte en banque n'est pas trop proche de zéro et que j'ai un petit coup de mou (ou que je suis juste HS après une journée de travail particulièrement éprouvante), je vais faire un tour sur Etsy. Je reçois entre 2 et 3 mails par jour pour me présenter des articles que je suis susceptible d'aimer. J'utilise aussi d'autres moyens de fouiller sur Etsy. Je mets en favori des articles que je trouve jolis, drôles, émouvants, qu'ils soient complètement inutiles ou non. Oui, big brother m'observe surfer sur le net. Il m'espionne et me propose des trucs et des machins qui me tentent bien. Je ne sais dans quelle catégorie d'acheteuse je me situe... mais je sais qu'on suit le moindre de mes mouvements! .
Mon chéri a bien désactivé tout ce qui permet de me fliquer, mais je lui ai demandé de faire une exception pour Etsy.

Ca n'a aucune utilité, si ce n'est que de me vider la tête. Vous faites ça aussi, vous?
Bon, quand approche décembre,  période de Noël, je fais une liste avec environ les 3/4 des cadeaux sur Etsy. Ma famille et ma belle-famille ont beau se rebeller (les délais de livraison peuvent être un peu erratiques). Et de temps à autre, je m'offre une paire, ou deux, ou trois de boucles d'oreilles. Moins souvent un manteau ou un sac original un peu plus onéreux. 

J'ai besoin de ne pas porter le même pull/manteau/pantalon que tout le monde. Dans la rue, les gens qui portent du noir et des couleurs foncées sont monnaie courante. Je n'ai pas la même physionomie que tout le monde et faire les magasins est une épreuve - ma taille est souvent trop grande pour les enseignes classiques, et les enseignes pour femmes fortes proposent souvent des vêtements de femme âgée!
Les couleurs me parlent.  Et je peux me permettre quelque excentricité: j'habite en Angleterre, ou si un punk, un goth et un clown se baladent côte à côte, personne n'y prête attention. Pour le boulot, la première année je n'ai porté que des costumes (gris, marine, et noir, on a vite fait le tour), mais au bout d'un an j'en ai eu assez des pantalons qui scient le ventre en deux et dont la couture du postérieur menace de rompre, des chemises qui doivent être trop grandes ou sinon les boutons se séparent autant que deux aimants négatifs ou deux aimants positifs. Sans parler des vestes sans épaulettes qui me font une carrure de  Nicky Larson.  Mon coté féminin n'a beau ne pas sauter aux yeux, je n'aime pas trop ressembler à un homme!
Et puis franchement, le repassage des pantalons, chemises (et tout le tintouin) et moi ça fait deux.
Bref, les vêtements professionnels ne sont pas ma tasse de thé. Depuis, je porte beaucoup de petites robes en jersey, mais je me demande si les imprimés ne font pas un peu mamie...
Je rêve de costumes colorés et confortables qui me mettent en valeur. Mais ça n'est pas près d'arriver.

Vous souvenez-vous de ce dessin animé: les mondes engloutis?  Et bien, bien que le scénario ne casse pas trois pattes à un canard, j'adore les costumes des persos (les longilignes bien sûr). Lignes fluides, vêtements un brin futuristes qui ne cèdent pas sur le confort. Et cette artiste, sur Etsy évidemment, a des designs de vêtements qui m'y font penser. Et ses couleurs ne sont pas trop flashy. Bon, par contre ce n'est pas donné.

Une petite robe dans les tons d'automne, allez c'est parti pour une recherche de boucles d'oreilles en cuivre, ou en ambre, ou dans les tons grenat... ou... bon, voilà, je suis accroc à Etsy, et je ne me soigne pas.


dimanche 27 mars 2016

Pourquoi j'aime Cambridge, pourquoi je dois la quitter.

Cambridge, c'est la ville dans laquelle j'ai atterri un peu par hasard peu après juin 2008, fuyant Paris et la grisaille de ma vie d'alors.

J'en suis tombée amoureuse, pour plusieurs raisons.
Parce que c'est une ville qui accueille de nombreux étudiants, et de nombreux touristes, donc on n'est pas surpris si on entend dans la rue des langues qu'on ne comprend pas. Ici, nombreuses sont les personnes qui ont un accent étranger. Ça n'est presque plus surprenant.
J'ai rencontré des allemands, des polonais, des suisses, des belges, des français (dont notamment mon mari!), des espagnols et des catalans, des italiens, des russes, des croates et des serbes, des biélorusses, des grecs, des marocains, des sud-africains, des turcs, des irakiens, des indiens et des pakistanais, des chinois, des japonais, des néo-zélandais, des américains.
Ici, il y a peu de personnes racistes. Ce n'est pas le bon endroit pour les extrémistes.

L'inconvénient, c'est que de nombreuses personnes sont de passage seulement. C'est une ville où les gens aiment vivre, mais qui sert souvent d'étape vers d'autres horizons. Cela mène parfois à des déchirures. On devient amis mais les nouveaux amis partent... c'est ainsi.

C'est une ville qui a une histoire et qui vit toujours dans l'Histoire. Pas une année ne se passe sans qu'on entende parler d'une nouvelle découverte, des conclusions super intéressantes d'une étude dans tel ou tel domaine. C'est quand même ici que le secret de l'ADN a été percé, que Darwin, Newton, et plus récemment Hawkins ont étudié.
C'est une ville qui a une forte identité: entre Kings College Chapel, les Chelsea buns, le musée Fitzwilliam, ses deux théâtres, son jardin botanique, son Shakespeare Festival tous les étés, et les artistes ne sont pas en berne...  j'ai même craqué pour un torchon en coton dans une boutique indépendante Podarok qui montre cela:


C'est une ville qui a des parcs où les gens pique-niquent quand il fait bon. Attention, je veux dire qu'il y a des parcs où il n'y a pas de pancartes vous interdisant de marcher sur la pelouse (oui, Paris, je te jette un regard de coté... quand j'étais chez toi le vert me manquait!). Des parcs où il y a parfois des vaches tranquilles, des poules d'eau et des canards qui cancanent et des oies qui criaillent parce qu'elles croisent un chemin utilisé par des cyclistes avant un pont pour vous faire vous arrêter. Où on voit en rentrant du boulot à pied un cygne qui prépare son nid près des punts (embarcations à fond plat), sur le bord de la rivière.


Se balader dans Cambridge, c'est penser autrement: il y a un nombre impressionnant de vélos. Il y a des parkings à vélo, des pistes cyclables presque partout en ville. C'est une ville qui a un centre ville tout à fait charmant. Aller au taf avec les premiers rayons de soleil du printemps et l'air frais sur le visage; dans Trinity Road ou bien dans Queens Road (qui offre une vue magnifique sur les Backs et les Colleges qui bordent la rivière Cam), quel plaisir!


La contrepartie, c'est que la ville a gardé sa taille médiévale. Soit, contrairement à York elle n'a pas (plus!) de murs encerclant la vieille ville, mais ses artères sont étroites et peu adaptées à la circulation du 21ème siècle. Le résultat catastrophique est l'engorgement des axes de passage. Circuler en voiture à Cambridge du lundi au samedi entre 8h30 et 19h est une très mauvaise idée. Vous serez certainement bien plus rapides à vélo ou bien à pied!

Il y a du travail: de nombreuses personnes ayant obtenu un PhD (équivalent d'un doctorat) trouvent un emploi bien rémunéré, parfois dans la Silicon Fen, parfois non (l'Université et les Colleges, ainsi que l'hôpital d'Addenbrookes sont les grands employeurs de la ville).
Nous avons une qualité de vie exceptionnelle par rapport au reste du Royaume-Uni, si si! Voir cet article pour les anglophones.
Cette ville, on risque de la quitter. Parce que les prix de l'immobilier sont complètement fantaisistes et que pour le même budget on aura une maison individuelle de 4 chambres à Peterborough (à une heure en train de Cambridge) alors qu'ici on ne pourrait se permettre qu'un appartement d'une chambre! La crise du logement se fait encore plus sentir ici qu'ailleurs (voir cet article en anglais).

Cambridge on t'aime, mais on va te quitter!





Une nouvelle maison? On a hâte!

Si tout va bien, à la fin du mois d'avril, on aura un chez nous. Plus de maison louée avec un proprio qui dépasse les limites imaginables de la radinerie (aucun investissement en 5 ans pour la maison que nous louons, qui date des années 30).
Si tout va bien, parce que ça prend du temps et qu'il faut une bonne dose de chance + patience pour trouver une maison dans le coin (et des sous aussi!), et enfin parce que ça peut capoter jusqu'à ce que les contrats soient signés. Un couple que nous avons rencontré nous a avoué avoir mis 3 ans pour trouver leur maison à Cambridge, et encore, c'était une maison mitoyenne. Nous, à coté, avec notre 1 an et 1/2, ça va, on fait presque petits joueurs à coté. Pourtant on a passé un nombre incroyable de week-ends à faire des visites dans la région, à jauger si telle ou telle maison était bien située, et si la maison elle-même nous plaisait.
Si tout va bien, parce que c'est la cinquième maison qui nous fait de l’œil, et pour laquelle on a fait une offre d'achat. On a eu pas mal de mésaventures, et on essaye tant que possible de ne pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Celle d'Earith où il s'agissait d'un divorce et où le mari a décidé de garder la maison en fin de compte, celle de Littleport qui était en construction depuis 3 ans avec aucun mur droit, et les 3 de Peterborough, la première avec un jardin qui tombe dans le ru du coin et le proprio de mauvaise foi - 'oh, £2000 de travaux suffiront' (quand notre inspecteur disait £10000), la deuxième qui était un leasehold (où on est locataire à vie et on doit obtenir l'autorisation du proprio pour faire des travaux chez soi), et enfin la troisième, on espère la bonne (on croise les doigts des mains et des pieds).

Si tout va bien, on n'aura plus les soucis qu'on a avec notre cuisine riquiqui, notre salle de bain courant d'air, nos problèmes d'humidité, d'isolation et de chauffage. Si tout va bien, on n'entendra plus nos voisins et leurs enfants, ni dans le salon ou la salle à manger. Et si tout va bien, l'argent qu'on dépensera tous les mois servira (du moins en partie) à nous garantir une maison pour nos vieux jours.
L'avantage d'avoir vécu ici, c'est qu'on a appris à vivre avec ce qu'on avait. La maison où nous habitons actuellement est bien située (à 15 minutes à pied du centre ville), mais elle a une 'personnalité' (voire les articles précédents) qui selon la période nous mine le moral ou nous fait rire nerveusement. 

Si tout va bien, on pourra enfin avoir des meubles qui nous plaisent (et pas les meubles dépareillés  nous ont rendu service - merci Emmaüs, mais qui avaient été choisis surtout parce qu'ils étaient financièrement accessibles - comprendre: pas forcément beaux ni à mon goût).

Bref, on a beaucoup d'espoir pour que tout se passe bien, enfin!